[Têteenlair]

C'est bon pour la mémoire/Ca vous fait quoi d'être au milieu?/Hé! Camarade/Si les jeux sont faits/Au son des mascarades/On pourra toujours se marrer/Et tout le long des courants d'air/On voit des amoureux/Qui savent encore changer leurs nerfs/En un bouquet délicieux/On en aura des saisons/Des torrides et des blèmes/Je peux encore garder ton nom/Je peux aussi dire que je l'aime...

Noir Désir - Comme elle vient

Art...

Dimanche 2 octobre 2005

Samedi soir. 1er octobre. Encore un ciné. Avec mes parents. En route pour le mignon petit cinéma à quinze minutes en voiture dans un petit village nommé Tournefeuille. Une queue de folie nous attend, il se met à pleuvoir, je suis malade... mais j'aime la pluie. Maman me force à rentrer, pourtant.

Bref, nous finissons par entrer dans la salle. Les lumières s'éteignent et le film commence. Trente minutes passent, tandis que la caméra suit et capte des morceaux de vie, des morceaux qui ne veulent rien dire... Ma mère quitte la salle. Mes voisins de droite en font autant. Mon père les suit. Et encore quelques uns. Ils s'ennuient?

Ah. Moi j'aime. J'aime ce film qui ne raconte rien. J'aime ces instants de douceur qui sont mis en parallèle d'instants beaucoup plus durs, plus trash.

On a envie de pleurer. Mais on rit, souvent. On rit plus par attendrissement que par amusement. On rit devant le bout-de-chou de quatre ans qui explique à son père le fonctionnement de la roue à corvées, on sourit devant le coffre à espoirs... On s'amuse de la folie des gens.

En sortant de la salle, je retrouve mes parents au restaurant du cinéma. Ils me demande comment ça se finit. Et si j'ai compris le film. Alors en fait, ils n'ont rien comprit. Comment leur raconter la fin? Ca n'a strictement aucun sens. Il n'y a pas d'issue. Juste un arrêt du tournage. Alors je lui explique, tant bien que mal:

- Ca n'aurait aucun sens. C'est comme si je filmais ta vie depuis trois mois, et qu'aujourd'hui j'arrêtais et que quelqu'un venait me voir pour me demander la fin du film. Je peux lui dire la fin du film, mais dans le fond ce n'est pas ça qu'il cherche: il veut la fin de l'histoire. Et ça, je n'en ai strictement aucune idée. Parce que tu avais une vie avant que je commence à filmer, et une vie après. Le spectateur n'aura vu qu'une suite d'évènements, pas une histoire, juste des morceaux de ta vie.

Ils ont du mal à s'identifier. A entrer dans l'absurdité de vies d'inconnus, de banalité. A moins qu'ils n'aient eu du mal à s'intéresser à ces vies qui ne sont pas les leurs.

Rien que le titre c'est déjà universel et éloquent: un rapport d'égocentrisme (moi), un besoin d'échange et de partage avec un toi, et un rapport au monde, à ceux qui nous entourent (tous les autres).

Un père qui est en pleine séparation et qui en a visiblement une peur bleue, une femme un peu étrange qui s'enregistre sur des vidéos dans l'espoir d'être exposée dans un musée d'art contemporain, des ados qui découvrent une nouvelle forme de contact avec l'Autre - le sexe - une femme, une petite fille, un enfant. On se retrouve dans leurs émotions et vite cette histoire qui est la leur, ressemble étrangement à la mienne, la tienne...

Dans chaque séquence, il y a de la tristesse, de la drôlerie, de l'humour et une infinie tendresse. Chaque séquence est ambivalente.

Et sans que ça ne soit jamais explicitement révélé, le film nous fait redécouvrir beaucoup de choses: l'espoir, l'amour, la solitude, les conventions, les préjugés, le sexe via le net (tournure surprenante et savoureuse ... )...

Bien sur, c'est du cinéma, alors les personnages semblent d'abord plus loufoques et fous que crédibles dans la vie, la vraie. Et puis ils nous touchent, en plein coeur. Et semble nous dire que dans notre monde où la communication - l'hyper communication - est un pilier de la société, nous sommes tous un peu solitaire, emprisonné dans notre isolement.

On sort heureux, pourtant. Comme le dit la cinéaste Miranda July elle voulait dépeindre "notre capacité à résister, à rester ouverts... Une seule chose m'intéresse: les vrais gens qui tremblent mais restent pleins d'espoir".

Dans le fond, on en connait beaucoup des vrais gens : moi, toi... et tous les autres.

Certaines choses sont inspirées de la critique de ce film dans le magazine d'Utopia.

Par Cookie
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Dimanche 13 novembre 2005

Le nouveau film de Woody Allen... Fallait que j'aille voir ça. Recommandé - en plus - par ma prof de français.

... Et puis il y avait la si belle Scarlett Johansonn que j'ai apprécié dans chacun de ses films, toujours très loin de l'image de la belle blonde à forte poitrine qu'elle semble pourtant prédestinée à jouer.

J'y suis allé, curieuse. J'en suis sortie, abasourdie. Woody Allen est vraiment, vraiment, torturé. Il s'amuse avec la lâcheté humaine, se complait dans des situations vraiment glauques, à peine suggérées.

Chris est un pauvre. Doué pour le tennis, il se retrouve à donner des cours dans un club huppé. Il y rencontre un homme (dont j'ai oublié le prénom)... Bientôt, ils se découvrent une passion commune pour le théâtre et le soir même la famille du riche ainsi que Chris assiste à La Traviata. Chris rencontre Chloe, qui cherche sans cesse à capter son regard...

Chloe est visiblement tombée sous le charme, elle va à son tour prendre des cours de tennis. Elle l'invite à passer un week end dans leur maison de campagne. Chris accepte.

Il y rencontre une blonde troublante et séduisante, et dès le départ se mettent tous deux dans un échange très suggestif, quasiment sexuel... Il s'avère que Nola est la fiancée du frère de Chloe.

Chris entreprend une relation avec Chloe. Se laisse entretenir, prend un poste dans une société de l'homme qui va devenir son beau-père.

Seulement Chris trompe Chloe. Chris est obsédé par Nola. Nola est belle et volage. Nola est libre et sans attache.

Chloe et lui se marient. Nola et l'autre se séparent. Chloe veut un enfant. Chris fait tout pour retrouver Nola.

Chloe veut un enfant. Chris reprend son aventure "extra-conjugale" avec Nola.

Chris hésite: il veut Nola. Mais il ne voit aucun avenir avec elle. Il n'aime pas Chloe. Mais il a une situation stable et bien plus que correcte.

***

J'y repense... Woody Allen a su tirer le meilleur de ses acteurs. Et malgré tout ce qu'ils ont d'excécrable et de détestable ils sont déséspérément humains.

Une belle leçon sur l'amour et son illusion, sur la chance et son importance dans nos vies. Une belle leçon de lâcheté, aussi.

On en sort de là un peu secoué et on se demande si dans la vie, tous les coups seraient permis?

Par Cookie
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Dimanche 11 décembre 2005

Un petit article comme ça, pour abaisser mon chapeau face à Coline Serreau qui m'a offert un grand plaisir, hier, quand j'ai vu ce petit bijou du Septième Art. Un scénario ficelé de façon à ce qu'on ne s'ennuie pas. De grands moments de rigolade, de sourire, d'amusement face à ces clichés qui nous ressemblent.

Et à coté de ça, de grands moments d'émotions: une ou deux larmes ici, quelques sanglots par là. Aborder le thème des différences raciales, sociales et religieuse. Le dyslexisme, l'alcoolisme, la maladie. La mort, sans jamais tomber dans le pathos, c'est là tout le génie de l'actrice et des acteurs qui montrent ces facettes de nous.

Déjà des répliques cultes.

Joli moment avec de beaux et bons acteurs [dont Muriel Robin, Pascal Légitimus, et Jean Pierre Darroussin].

Par Cookie
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Mardi 13 décembre 2005

Bien moins - bien plus? - que des mots, ce sont des larmes qui roulent sur un sourire attendri qui décrirait le mieux ce film au monde entier. Ce genre de cri du coeur, pas plus audible qu'un murmure, qui donne envie de ne plus avoir mal des ruptures, qui donne envie de courir vous réfugier dans les bras de Quelqu'un qui aurait vu ce film.

Ce film qui offre comme un supplément d'âme, une longue explication sur ce verbe Aimer qui loin de se conjuguer aux temps de la Conjugaison que l'on connaît-apprend, se conjugue dans les larmes, dans un sourire, dans un baiser, se conjugue dans les souvenirs.

Pas d'adjectifs que je puisse trouver pour qualifier ce film. Réussi, peut-être? Evocateur, simple, et retenu, pour ce film tout en... En?

Une belle leçon d'amour.

Par Cookie
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Jeudi 29 décembre 2005

Vous revoir est un long poème. Un poème de 345 pages qui parle de la vie sans détours, de la peur de s'engager, du courage de partir, du coma, des souvenirs, de la peur, de l'amitié...

Vous revoir est un livre à lire parce que les mots sont justes, les mots sont beaux. A leur place dans chacune des phrases. Parce qu'il est simple à lire, rapide. Une journée pour le finir. Sans jamais m'ennuyer. Parce que cette histoire est captivante, une course effrénée...

... un peu comme la vie. Comme cette vie qui nous attend, quand on arrêtera de courir. Cette vie dont on rêve: celle qui rime avec poésie, et aussi, un peu avec amour.

Par Cookie
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[Ckeljourajd?]

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[Auraisaimédire]

 


 


 


 


 

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