Mercredi 18 octobre 2006
3
18
/10
/Oct
/2006
20:30
J'espère que tu sais que cette lettre est pour Toi, ma Toi.
Mais dans le fond, elle s'adresse aussi bien à chacun de ceux qui me liront.
Je sais à quel point la vie n'est pas toujours tendre. Je sais à quel point, parfois, c'est dur de trouver ce rose qui nous ressemble - qui nous rassemble - au milieu du gris ambiant. Je sais que l'ennui est parfois d'un ennui mortel et nous plonge dans de longues, très longues, pensées plus ou moins philosophiques. L'on en vient à se poser des questions qui non seulement n'ont pas de réponse toute faite - peut-être même pas de réponse du tout - mais en plus n'ont pas de raison d'être.
Je sais aussi que parfois, sourire est à la fois un exploit mais aussi la solution la plus facile.
Un exploit parce que c'est dur, si dur, tellement dur, de passer outre toutes ces larmes, passer outre tout ce gris, passer outre la boule dans le coeur, la boule dans la gorge, outre les chagrins, les tristesses et les remises en question. Une sorte de courage aussi. Leur dire, je suis une femme forte, et si j'ai besoin de vous, je ne nous ternis pas de ce brouillard.
Mais si facile. Si facile de ne pas les confronter à ce mal. Si facile d'échapper à leurs questions. Si facile de ne pas répondre aux nôtres.
J'aurais fait pareil, pourtant.
Je sais aussi que même si l'on nage parfois dans un océan de bonheur, certaines vagues un peu plus salées que les autres nous ramènent sur le rivage. Triste réalité. Triste ou pas, d'ailleurs. Décevante, certainement.
Dis toi, dites vous, que l'automne est une sale saison. Belle mais mélancolique. Les couleurs rousses, comme en sépia, signe de ce temps qui a passé, achevé. Et le passé est toujours source de langueur, de chagrins, d'amertume, même. Parce que le passé ne revient jamais. Aragon "réinventait le passé pour voir la beauté de l'avenir". Fais le, faites le, si vous en avez besoin.
Je sais à quel point il est bon de rêver. Je sais à quel point il est bon de pleurer. Et à quel point ça fait mal aussi. Les larmes. Comme des doux poignards qui roulent. Les notres pointés contre nous mêmes.
Moi, je me sens être quand je pleure. Je me sens moi, je me sens femme. Parce que je ressens, parce que j'exteriorise. Je vis. Et ma vie n'est pas une barbe à papa géante. Ma vie c'est comme une pomme d'amour, un peu dure, très sucrée, écoeurante... et laisse un souvenir délicieux.
Croquez la vie à pleine dents. Comme dans une fraise. Trempez la dans du sucre, dans l'amour, dans les mots, dans la musique.
Je sais qu'il est parfois tentant de s'éloigner des autres. Pour se retrouver. Pour ne pas être celui qui porte le masque triste, celui de la tragédie. Pour ne pas être le rabat joie de la bande. Mais ne sont ils pas là pour être là, justement? Les gens qui nous aiment sont là. Ils finissent toujours pas nous manquer. Juste leur présence, en silence.
Moi je me souviens de Starbucks, je me souviens de cookies, je me souviens de ta peau douce, du chant de ton rire, des paillettes dans tes yeux.
Ne pleure pas, ne pleure plus. Ne laisse pas le joli bleu de tes iris s'écouler sur tes joues. Tendrement.
Par Cookie
-
Publié dans : Lettre ouverte...
2
[ZenavépenCkoua]